Maria Chapdelaine, Vérités et Mensonges

Création : Musée Louis Hémon. Ouverture été 2002. Exposition permanente, toujours à l'affiche

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« Car le dramaturge sait surprendre et même provoquer avec un talent exceptionnel. Il sait aussi reconnaître la richesse d'un roman phare... Cette exposition est trop riche pour être absorbée d'un seul trait!..."Bertrand Tremblay,
LE QUOTIDIEN, septembre 2002 »
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Synopsis

    La réputation du roman Maria Chapdelaine, écrit en 1913 par Louis Hémon, a vécu en grande partie sur ses mythes. Du Québec à la France, on a fabulé avec extravagance sur Louis Hémon et sur ses personnages.

    Près d'un siècle plus tard, vendu à des millions d'exemplaires, traduit en plus de vingt langues, ce portrait souvent contesté du peuple québécois a presque sombér dans l'oubli. Alors pourquoi y consacrer une exposition aujourd'hui ?

    Pour nous rappeler les principes qui ont animé son auteur vagabond; la liberté des idées, le besoin de témoigner et la passion de découvrir.

    Pour apprécier le chemin parcouru depuis par le peuple du Québec.

    Pour constater une fois de plus que nos sociétés, à tort ou à raison, retiennent de leurs artistes et de leurs oeuvres ce qu'elles veulent bien.

    Directeur artistique et commissaire: Michel Marc Bouchard
    Direction générale: Claude Simard
    Scénographie: Raymond-Marius Boucher
    Conservarteur: Jérôme Gagnon


    Cette exposition veut mettre en lumière les grands mystères qui entourent l’aventure Maria Chapdelaine; de la naissance épique de l’œuvre à sa célébration universelle, de la fabrication posthume d’une respectabilité pour son auteur à la récupération idéologique de son héroïne, de ses interprétations les plus farfelues aux modifications du texte par ses éditeurs, de la controversée muse Éva Bouchard, de la mise en marché touristique de la localité d’où il a puisé son inspiration, et, finalement, du rejet de nos contemporains de son discours jugé passéiste.

    Cette exposition veut aussi rappeler que Maria Chapdelaine est un roman phare de la littérature québécoise et française, vendu à des millions d’exemplaires de par le monde, transposé plus d’une fois au cinéma, célébré par les plus grands artistes du pays et inspirateur d’une tradition littéraire encore vivante.

    Maria Chapdelaine a été avant tout l’œuvre de ses lecteurs qui s’y sont reconnus, sujette à diverses fortunes selon les milieux et les époques, à des interprétations contradictoires, et à des trahisons.

    Cette exposition veut rappeler que tout cela en fait une des œuvres les plus notoires du répertoire universel.

    Le Musée Louis-Hémon est fier de présenter, dans le cadre de sa toute nouvelle exposition permanente, la plus importante collection du roman Maria Chapdelaine jamais réunie à ce jour dans notre institution. Cet événement est rendu possible grâce à l’excellente collaboration que le Musée entretient avec le Centre régional de services aux bibliothèques publiques du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Édition russe du roman Maria Chapdelaine, 1927.

    Depuis plusieurs années, le C.R.S.B.P. possède une collection de 119 éditions du célèbre ouvrage du breton Louis Hémon. Elle figure parmi les collections publiques et privées les plus exhaustives de ce succès d’édition qui compte vraisemblablement plus de 25 traductions. Cette collection, réalisée par M. Jean-Marc Bourgeois, a déjà fait les beaux jours de plusieurs expositions à travers le réseau des bibliothèques publiques de la région, il y a quelques années. Ce prêt gracieux constituera la pierre angulaire de notre exposition, à laquelle s’ajouteront plusieurs éditions que possèdent le Musée Louis-Hémon et la Société historique du Saguenay, l’un de nos précieux collaborateurs.

    Nous réunirons ainsi près de 150 éditions différentes de l’œuvre. Il est impressionnant de constater la variété de ces différentes éditions dont plusieurs sont des traductions dans les langues les plus diverses, allant des nombreuses éditions anglaises, de l’édition braille à la mystérieuse version en langue gaélique.

    Louis Hémon,deuxième à gauche, dans un camp d'arpenteurs à Péribonka,1912

    "Tu me souhaites dans ta lettre un tas d’horrible événements comme de changer de caractère, ou de mûrir, ou de me transformer moralement… J’imagine que si tu entends par mûrissement le progrès qui consiste à se couler dans le moule de la majorité de ses concitoyens… Ce doit être également une chose très désagréable de sentir en soi une transformation de ce genre." Lettre d’Oxford de Louis Hémon à son père, 1901

    Même si le Musée Louis-Hémon présentait les différentes éditions de l’œuvre à partir de sa première parution dans le journal parisien Le Temps jusqu’aux dernières éditions parues aux éditions Boréal Express et dans la collection Bibliothèque québécoise par Fides, la prestigieuse compilation ne serait pas complète sans le tapuscrit original conservé jusqu’à ce jour dans les archives de l’Université de Montréal. Il s’agit du texte original de Maria Chapdelaine, dactylographié par l’auteur au printemps 1913. Le précieux tapuscrit, acquis au cours des années 1960 par l’institution montréalaise, sera prêté au Musée Louis-Hémon pour une période de six mois.

    Nous invitons donc la population régionale à venir voir ces pièces d’une grande rareté et d’un intérêt majeur pour l’histoire de la littérature québécoise à compter du mois de juin 2002. L’exposition saura à coup sûr intéresser tout le monde par le regard neuf qu’elle porte sur le sujet.

    Il est bien connu que l’écrivain Louis Hémon s’est inspiré profondément du milieu péribonkois pour rédiger son célèbre Maria Chapdelaine. Par contre, nous connaissons peu les péripéties qui l’on mené du nord du Lac-Saint-Jean à son destin tragique à Chapleau en Ontario, le 8 juillet 1913.

    C’est pourtant au cours de cette période charnière que l’auteur à élaboré son fameux roman. À Saint-Gédéon, où il s’installe à l’hôtel Tremblay, peu avant le Nouvel An 1913, il rédige vraisemblablement le manuscrit de son roman, s’entourant de l’aura de discrétion qui lui est propre. En février, nous le retrouvons à Kénogami, à l’emploi de la compagnie Price. Sans doute a-t-il mis à profit ses temps libres pour compléter son œuvre à cet endroit. Quoiqu’il en soit, c’est à Montréal, à compter d’avril, qu’il réalise la seule preuve tangible de son travail que nous avons encore aujourd’hui.

    Dans la métropole, alors qu’il était à l’emploi de la quincaillerie Lewis Bros, Hémon utilise la machine à écrire que son employeur met à sa disposition hors des heures de travail, pour dactylographier le texte de son « récit canadien-français ». à l’aide de papier carbone, il en prépare trois copies. l’une d’elle sera envoyée au journal parisien Le Temps qui publiera le roman en feuilleton en 1914. Les deux autres copies sont expédiées par l’auteur à sa famille en France. Du tapuscrit original nous n’avons aucune idée de ce qu’il est devenu, de la copie carbone expédiée au Temps, sans doute a-t-elle été détruite lors d’un incendie dans les bureaux du journal. La deuxième copie carbone, quant à elle, fut conservée par la famille Hémon et la fille de l’auteur, Lydia-Louis Hémon, qui la cède, en 1966, à l’Université de Montréal par le biais d’un de ses professeurs, Nicole Deschamps, qui se spécialise dans l’étude de l’œuvre de Louis Hémon.

    Cette véritable relique d’une œuvre mythique est composée de 171 pages (33 x 20,4 cm) de textes dactylographiés à double interligne sur papier oignon. Le document est paginé de 1 à 170, la page 154 étant répétée deux fois. Des corrections sont apportées au texte par l’auteur lui-même au cours de la rédaction et au cours de la relecture du texte. Ces corrections sont faites à la mine sur l’original et la copie.

    Cette pièce unique, qui à servi en 1980 à établir une version du roman conforme au manuscrit de Louis Hémon, sera accessible au public dans le cadre de la nouvelle exposition Maria Chapdelaine, vérités et mensonges présentée à compter du mois de juin 2002 au Musée Louis-Hémon. Cet objet de prestige nous est généreusement prêté par l’Université de Montréal pour une période de six mois. Nous invitons donc la population à visiter notre exposition cet été même et à admirer cette pièce rare, exposée pour la première fois au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Critiques
  • "Michel Marc Bouchard aura encore réussi à nous ébahir. L'exposition permanente qu'il a conçue pour le Musée de Péribonka est une évocation envoûtante du mystérieux Louis Hémon et de son récit "Maria Chapdelaine... Le titre de son exposition "Maria Chapdelaine, vérités et mensonges!" aura certainement intrigué plus d'un lecteur de l'oeuvre. Car le dramaturge sait surprendre et même provoquer avec un talent exceptionnel. Il sait aussi reconnaître la richesse d'un roman phare... Cette exposition est trop riche pour être absorbée d'un seul trait!...">b> Bertrand Tremblay, Le Quotidien, 14 septembre 2002

  • "Maria Chapdelaine a refait son maquillage et il faut le dire, le résultat est excellent!..." Serge Émond, Le Quotidien, 4 juillet 2002


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