ON SERA HEUREUX
ON SERA HEUREUX
Un film de Léa Pool sur une scénario original de Michel Marc Bouchard qui raconte l’histoire de Saad, un jeune clandestin marocain qui tente avec Reza, son amant iranien, le périlleux voyage vers l’Amérique et qui finit par y parvenir, mais non sans heurts. Dès leur arrivée à Montréal, Saad est appelé à sauver son amant d’une déportation certaine vers l’Iran où une mort probable l’attend. Par un stratagème désespéré, Saad réussit à séduire un fonctionnaire du ministère de l’Immigration du Canada. Cette idylle improvisée l’amène à toucher à cette Amérique de confort qu’il idéalisait sur les plages de Tanger et le fragilise dans sa mission héroïque. ON SERA HEUREUX traite d’un sujet rarement exploré au cinéma soit l’immigration des réfugiés LGBTQR+. SORTIE novembre 2025
Réalisation: Léa Pool - Scénario et dialogues: Michel Marc Bouchard - Production: Lyse Lafontaine, François Tremblay, Nicolas Steil Katarzyna Ozga - Sociétés de production: Lyla Films (QC), IRIS Productions (LUX) avec la participation financière de Téléfilm Canada et de la SODEC - Distribution: Opale/Entract
Distribution : Mehdi Meskar (Saad), Aron Archer (Reza), Alexandre Landry (Laurent), Céline Bonnier (Jeanne), Sascha Ley (Gloria Price), Jérôme Varanfrain (Martin), Joël Delsaut (Le curé), Paul Ahmarani (L'avocat), Shiva Gholamianzadeh (L'interprète), Maxime Afshar (Ismael), Yves Soutière (Procureur)

Fiche technique
Genre: drame - Origine: coproduction Québec-Luxembourg, 2025 - Durée: 1h42 - Langue V.O.: Français, arabe - Visa: général (déconseillé aux jeunes enfants) - Tournage: pendant 35 jours entre le 23 juillet et le 21 septembre 2024 au Maroc, au Québec et au Luxembourg - Première en salle: 4 novembre 2025 (Cinemania) - Date de sortie: 7 novembre 2025 sur 27 écrans au Québec
Équipe technique - Assistant réalisation: Marc Larose - Coiffures: Hanna Yee - Conception visuelle: Elise de Blois - Costumes: Marjolayne Desrosiers - Direction de production: Alexandre Frigon, Paul Simon - Direction de production: Pierre Thériault - Distribution des rôles: Daniel Poisson - Maquillages: Emilie Franco - Montage images: Michel Arcand - Musique: Kyan Bayani - Photographie: Yves Bélanger – Son: Loic Collignon, Nicolas Leroy, Carlo Thoss

« Si le scénario est conçu à la manière d’un thriller administratif, le film respire à travers la trame mélodramatique qu’il porte. La fuite est constamment oxygénée par l’amour : église refuge, réseaux d’entraide, brûlures d’empreintes, changement de nom, passé réinventé — arrière-plan d’une sous-humanité administrative. Une communauté d’exilés, documentée par une direction artistique qui a fait ses recherches, fait contrepoids à l’inhumanité constante que vivent ces migrants qui cherchent l’asile. Visuellement, l’œuvre est très forte (direction photo du talentueux Yves Bélanger). On note une alternance entre le léché et l’animalité des corps : décors précis, scènes d’amour filmées en délicatesse, cadres sinistres de campements comme enclos. Un long travelling insiste sur la déshumanisation de ces corps. La fiction, tragique, très « écrite », reste charnelle : des corps qui s’aiment, se protègent, marchandent leur sécurité. L’amour, ici, sauve et tue.
La distribution (Mehdi Meskar, Alexandre Landry, Céline Bonnier) est solide, mais il faut insister sur Aron Archer (Reza), acteur formé à Montréal, d’origine iranienne, dont c’est le tout premier tournage. Archer joue la peur sans hystérie, l’amour sans pathos. Condamné lucide, héros tragique, il choisit encore l’amour. Rôle à haut risque — victime ou ange sacrificiel — qu’il densifie par pudeur et gravité. Archer épate dans ce premier rôle qu’il rend absolument crédible. » 4 ÉTOILES Sarah-Louise Pelletier-Morin, LE DEVOIR, 6 novembre 2025

« Construit avec brio, à la manière d’un thriller, On sera heureux met aussi en lumière la cruauté bureaucratique du système d’immigration. Difficile de ne pas être bouleversé par la scène déchirante où Reza doit prouver son homosexualité devant un tribunal administratif d’une froideur implacable. Fidèle à la sensibilité qu’on lui connaît, Léa Pool (La passion d’Augustine) raconte cette histoire avec tendresse et humanité. Découvert il y a quelques années, dans la série Le monstre, Mehdi Meskar livre une performance poignante dans la peau du héros improbable du film. Aron Archer et Alexandre Landry sont eux aussi convaincants dans des rôles complexes et nuancés. » JOURNAL DE MONTRÉAL, Maxime Demers, Jeudi, 6 novembre 2025
« À une époque où les immigrants sont souvent stigmatisés et pointés du doigt comme responsables de tous les maux de la société, le dernier long métrage de Léa Pool arrive à point nommé pour rétablir les faits. On sera heureux est un film profondément humain, une œuvre à la fois intense et émouvante. » 8,5 SUR 10, LE SOLEIL, Thomas Thivierge, 7 novembre 2025

« On sera heureux à la fin? Oui et non. Le film reste fidèle à lui-même et ne nous propose pas une fin digne d’une romance hollywoodienne. Au contraire, dès qu’on semble s’en sortir, un autre problème survient. Ce long-métrage n’enrobe pas ses propos pour adoucir la cruauté du monde. Il présente des vérités difficiles qui sont d’actualité. Il pousse à réfléchir, à entamer une discussion avec notre entourage et à nous sensibiliser face à l’autre. On retient particulièrement que l’humain n’est pas un numéro et que le système judiciaire doit s’humaniser pour remplir sa vraie mission: aider. » ZONE CAMPUS, Léonie Meunier, 11 novembre 2025

« Drame romantique s’inscrivant parfaitement dans la continuité de l’œuvre de Michel Marc Bouchard, ce 20e long métrage de Léa Pool alterne savamment entre beauté et horreur, désir et danger, espoir et détresse… Aux parenthèses enchantées campées dans le monde luxueux de Laurent, la cinéaste oppose tantôt la misère d’un refuge improvisé, tantôt la grisaille ambiante et déshumanisée des coulisses du pouvoir. À cet égard, la direction photo d’Yves Bélanger, fidèle complice du regretté Jean-Marc Vallée, illustre avec brio les différents univers qui se déploient dans On sera heureux.
En optant pour une structure non linéaire, le scénariste évoque ainsi l’état d’esprit des deux jeunes immigrants, hantés par des souvenirs traumatiques qui remontent à la surface dans les moments les plus heureux. Même lorsque l’avenir semble leur sourire, la scénariste rappelle que rien n’est parfait dans leur pays d’accueil.
Ainsi, dans l’une des plus belles scènes du film, où Saad et Reza savourent leur bonheur, résonne L’Amérique pleure, mélancolique complainte des Cowboys Fringants. Les mots amers de Jean-François Pauzé prennent plus que jamais tout leur sens.
Fortement documenté, On sera heureux offre un aperçu de la dure réalité des immigrants clandestins sans forcer la note, sans donner de leçon, sans verser dans le didactisme. Suivant le cours d’une émouvante histoire d’amour, où l’énigmatique Saad possède l’étoffe d’un héros tragique, l’offrande de Michel Marc Bouchard et de Léa Pool s’achève sur une note poignante néanmoins porteuse d’espoir. » Manon Dumais, LA PRESSE, 7 novembre, 2025